Sunday, February 27, 2011

Vient de paraître: Jacques d'Adelswärd-Fersen, Messes Noires. Lord Lyllian



Nous avons déjà rencontré Jacques d'Adelswärd-Fersen à plusieurs reprises dans ce blog, notamment à travers ses beaux poèmes. 

C'est avec plaisir que nous signalons la réédition de son roman Messes Noires. Lord Lyllian aux éditions GayKitschCamp. 



Le succès de Jacques d’Adelswärd-Fersen (1880-1923) ne se dément pas. Les éditions originales ou anciennes de ses livres se vendent aujourd’hui à des prix remarquables. Je lui ai consacré en 1991 un dossier, enrichi en 1993, qui permet de com prendre dans quel contexte polémique son œuvre s’est développée. On doit à Mirande Lucien d’avoir donné une image assez exacte d’Akademos, revue que Fersen a fondée en 1909 et soutenue toute l’année et qui peut à juste titre être considérée comme la première revue homosexuelle française. Jean-Claude Féray a attiré notre attention sur son œuvre littéraire aux éditions Quintes-feuilles. Alors qu’il vient de publier Jeunesse (1907), je suis heureux d’avoir enfin pu mettre la dernière main à cette réédition de Lord Lyllian (1905).

Lord Lyllian est un roman à clefs où se rencontrent les sommités homosexuelles de la fin du XIXe : Oscar Wilde, Lord Alfred Douglas, John Gray, Jean Lorrain, Joséphin Péladan, Achille Essebac, Robert de Montesquiou, Friedrich Krupp — et Fersen lui-même — ainsi que leurs égéries les actrices Ellen Terry et Sarah Bernhard. Les amateurs de ces personnages devenus de véritables icônes se réjouiront de la manière dont Adelswärd-Fersen les met en scène avec des dialogues très camp que Wilde n’aurait pas reniés et dans des poses mélodramatiques à souhait. J’espère que, comme moi, vous tomberez amoureux de Lord Lyllian, dans une nouvelle édition portée par d’éminents spécialistes respectivement de la littérature homosexuelle et de la littérature décadente, Jean-Claude Féray et Jean de Palacio.

Patrick Cardon

17 €                                                                                 
ISBN 978-2-908050-68-4

Disponible à partir du 1er mars aux librairies Les Mots à la Bouche, 75004 et Comme un roman 75003 Paris



Friday, January 14, 2011

Le songe d'un jour d'été / A Midsummer Day's Dream


"Cher Wilhelm,

Te souviens-tu de ma dernière visite chez toi, à Taormina, dans ta maison de la rue San Domenico ? J'étais resté longtemps pensif devant le panneau où tu affichais tes plus belles photographies, ton catalogue, en quelque sorte... Quelle photographie choisir et ramener avec moi, pour prolonger mes rêves siciliens, mes rêves de Taormina.. ?

Dear Wilhelm,

Do you remember the last time I visited you, in Taormina, at your place, San Domenico street ? I stayed quite a long time dreaming in front of the wood pannel where you displayed your most beautiful photographs... It was so to say your catalogue... Which photograph should I choose and bring back home, to extend my Sicilian dreams, my dreams of Taormina ?



J'avais eu l'attention attirée par une photographie au format inhabituel, allongé, où trois garçons se trouvaient entre le ciel et la terre...

I noticed a special photograph, with an unusual size, an onlong photograph, where three boys were featured, between sky and earth...


Cette photographie m'avait fait rêver par son atmosphère, par les montagnes au loin, se dessinant sur le ciel, par les bras de l'olivier, tendus vers le feu solaire...

This photograph made me dream, through its atmosphere, through the mountains in the background, whose outline was drawn on the sky, through the olive tree branchs, raised against the fire of the sun...


C'était un jour de canicule, au coeur de l'été, où l'air tremblait de chaleur, où les montagnes s'évanouissaient dans une brume de chaleur...

It was a day at the peak of a heat wave, during summer, where air itself was shivering with heat, where mountains were fading away, in the shades of heat...
Même le blé était brûlé, brûlé de chaleur, cuit comme le pain, tant il faisait chaud, à Taormina, durant cet été...

Even  wheat was burnt out, burnt by heat, burnt like bread... It was such a hot summer in Taormina...

Les jeunes bergers dans cette campagne sans ombre écoutaient le chant obsédant des cigales, leurs yeux se fermaient de sommeil, tant il faisait chaud, dans l'été de Taormina....

Young shepherds in this shadeless countryside were listening to the obsessing cicadas song, and their sleepy eyes were about to close...

Il fallait pourtant veiller au troupeau, rassembler les chèvres avant la nuit, et revenir au village pour trouver la fraîcheur des maisons aux murs épais...

But they had to take care of the flock of their goats before the night fall, they had to come back to the village, where they would enjoy the cool of their houses with so thick walls... 
"Ne vous endormez pas !", disait la flûte de Peppino, "allons, les gars, ne vous endormez pas ! Il est temps, il est temps de partir, le jour va tomber bientôt, même le soleil va dormir... allons, les gars, pas encore, ne vous endormez pas !"

"Don't fall asleep !" was singing Peppino's flute, "come on, guys, don't fall asleep ! It is time, time to go, this day with end soon, even the sun will go to sleep... come on guys, not now, please, don't fall asleep now !"


Les jeunes bergers étaient bercés par la flûte de Peppino, par le chant des cigales, il faisait si chaud, en cet été de canicule, dans la campagne de Taormina... Il faisait si chaud, tout invitait au repos, au rêve, à la mélancolie, tout invitait à ne plus bouger, face à ton appareil magique, Wilhelm, mon ami, ton appareil qui attrape l'air et les montagnes, les bergers et la chaleur, le blé qui brûle et la mélodie d'une flûte...

Peppino's flute was rocking the young shepherds, the cicadas song was rocking them too, it was such a hot day, it was the peak of a hot wave in the land of Taormina... It was so hot, everything was a call for a rest, for a dream, for melancholy, everything was a call for staying motionless in front of your magical camera, Wilhelm, my friend, your camera able to catch air and mountains, shepherds and the heat, burning wheat and a flute's melody...

Wilhelm, mon vieil ami, c'est cette photographie que j'ai choisie, c'est un instant d'éternité, le temps est suspendu, tout est si calme, tout est si paisible... C'est un instant d'éternité, mais aussi un instant qui s'efface, tempus fugit, tout s'enfuit, mais la jeunesse reste à jamais, penchée au bord d'un instant d'éternité, au coeur de l'été... 

Tout invite à rêver, entre la veille et le sommeil, tout invite à penser, qu'est-ce que le temps, qu'est-ce que le temps qu'il fait, qu'est-ce que le moment qui passe, qu'est-ce que l'éternité... ?

Je ne me lasserai jamais d'interroger la mélancolie de cette photographie, Wilhelm, mon vieil ami, la mélancolie de ce qui fut et de ce qui n'est plus, mais que je peux encore voir aujourd'hui, et même entendre, car, oui, en penchant bien l'oreille, j'entends encore la flûte de Peppino...

Avec mon immense amitié, Wilhelm, mon ami, mon vieil ami, avec toute mon admiration, ton art nous survivra, et fera rêver, encore et encore, le songe d'un jour d'été...

Philip"


Wilhelm, my dear old friend, I chose this photograph, because it is a moment of eternity, time seems to be stopped, everything is so quiet, so peaceful... It is a moment of eternity, but also a moment fading away, tempus fugit, everything will fade away, but youths stays forever, on the edge of a moment of eternity, at the peak of summer..

Everything invites the viewer to dream, between the waking state and sleep, everything invites to meditate, what is time, what is weather, what is a moment fading away, what is eternity.. ?

I will never grow tired of questioning this photograph's melancholy, Wilhelm, my old friend, the melancholy of what was once and is no more, of what I can still see today, and even listen to... Yes, if I am pricking up my ears, I can still hear Peppino's flute...

With my infinite friendship, Wilhelm, my friend, my old friend, with all my admiration, your art will outlive us and will inspire forever a midsummer's day dream...

Philip"

Philip, Lettre à Wilhelm von Gloeden, 12 Octobre 1898 (Von Gloeden Archive, call number 1898/10/12/05)


Thursday, December 30, 2010

Perfection (English)


"You are said to be the work of the sculptor Critios and you are known as "The Critios Boy". You are a boy made in white marble, you are a gift of the gods, a gift to the gods, and a long time ago, you were set up on the Athens acropolis, under the Attic sun light... It was in 480 BC, Xerxes and his Persian army just entered Athens, they looted and destroyed the acropolis itself. You felt down on the ground, you lost your head under the shock.

In 1865, the archaeologist Sam Rumpf found you in the acropolis ground. Your head was found in 1898.

About Critios, we know only the part he played in the blossoming of Classical Greek sculpture: he was among the very first to give life to the rigid bodies of traditional kouroi, to give life to the contours of marble body, in its harmony as well as in its subtle dissymetry, in the light swaying of the hips that make the sublime dynamics of a standing up young man.

About you, the boy who modelled for Critios, we know nothing, despite the fact your youth and your beauty are so present under our eyes today. I love to imagine you, while you were posing nude in the sculptor's workshop, while the sun light was caressing the relief of your body. "Stay still", Critios was telling you, "don't move, my boy, kalos, kalos ho paîs...". There is so much love in this marble statue... Such a sensitivity, such a way to look at what makes blossoming teen boys so close to Greek boys, so close to Apollo and Eros. The marble stone is still celebrating today the contours and the shape, the shades and relief, the life and youth emanating from your body, from the stone your body are made of. Most certainly, you were loved by Critios.

I met you again among the "Ragazzi" of the German photographer Konrad Helbig, a lover of ancient Mediterranean landscapes, of Crete, Attica and Sicily. He dreamt about you too and the result is a sublime photograph, where shade and light, black and white are transforming your body into a pure outline, into the quintessence of beauty, into a visual melody with so many sensual curvatures...

I share the way Critios looked at you, I share the way Konrad Helbig looked at the Critios sculpture, and everything in your white marble body is singing to my eyes, your body so close, so far away...

Some special boys offer an horizon for so many dreams, and even marble is living, when it is caressed by a gaze...

Philip X, Dreams of a Lonely Lover (unpublished manuscript).

Perfection


"On dit que tu es l'oeuvre du sculpteur Critios, et on t'appelle "Le garçon de Critios". Tu es un garçon de marbre blanc, un don des dieux, une offrande aux dieux, et tu fus placé sur l'Acropole d'Athènes, sous la lumière du soleil attique. C'était en 480 avant J.-C., Xerxès et l'armée des Perses venaient de s'emparer d'Athènes, ils mirent la ville à sac, ils montèrent sur la colline sacrée et dévastèrent tout... C'est alors que tu fus renversé sur le sol, tu fus décapité sous le choc.

C'est en 1865 que l'archéologue Sam Rumpf te découvrit. Ta tête ne fut retrouvée qu'en 1898.

On ne connaît de Critios que son rôle, dans l'épanouissement de la sculpture grecque classique: il fut l'un des premiers à donner vie au corps rigide des kouroi d'antan, à faire vivre le modelé d'un corps, dans son harmonie comme dans ses subtiles dissymétries, dans le léger déhanchement qui sublime les dynamiques d'un jeune homme se tenant debout.

De toi, le modèle de Critios, nous ne savons rien, même si ta jeunesse, ta beauté vivent encore sous nos yeux. Il me plait de t'imaginer, posant nu dans l'atelier du sculpteur, alors que la lumière du soleil caressait les formes de ton corps. "Tiens la pose", te disait peut-être Critios, "ne bouge pas, mon garçon, kalos, kalos ho paîs...". Il y a tant d'amour, dans cette statue de marbre... Une telle sensibilité, un tel regard sur ce qui rapproche les adolescents dans la fleur de l'âge des dieux grecs, d'Apollon et d'Eros. Le marbre chante encore les courbes et les formes, les ombres et les reliefs, la vie et la jeunesse qui émanent de ton corps de pierre. Sans doute étais-tu l'aimé de Critios...

Je te retrouve, en noir et blanc, parmi les "Ragazzi" du photographe allemand Konrad Helbig, un amoureux des Méditerranées antiques, entre la Crète, l'Attique et la Sicile. Il t'a rêvé dans cette sublime photographie, où l'ombre et la lumière, le noir et le blanc, réduisent ton corps à une épure, à la quintessence de la beauté, à une mélodie visuelle tout en inflexions sensuelles...

Je partage le regard de Critios, je m'identifie à la vision de Konrad Helbig, et tout chante à mes yeux dans ton corps de marbre blanc, si proche, si lointain.

Certains garçons sont l'horizon d'un rêve, et même le marbre prend vie sous la caresse d'un regard."

Philip X, Rêveries d'un amant solitaire (manuscrit inédit).

Sunday, December 26, 2010

Rêveries


"Mon cher Wilhelm, mon vieil ami,

Je ne me lasse pas de rêver de Taormina, des temps heureux que j'ai passés dans le village, de mes promenades dans ses paysages sublimes, des moments de rêverie partagés avec vous, sur une terrasse, sur un chemin, dans le théâtre grec, dans votre jardin...

Comment oublier Pasquale et Peppino, Giovanni et Pietro, et tant d'autres qui sont les acteurs de votre merveilleux théâtre d'ombres et de lumières... Comment oublier les rires et les chants, les regards et les silences, et les étonnantes métamorphoses de von Gloeden, bien dignes de celles d'Ovide, qui transforment bergers, pêcheurs et paysans en éphèbes arcadiens, en jeunes dieux Olympiens...

Vos photographies, mon vieil ami, me réchauffent le coeur dans l'hiver de ma vie, elles m'invitent au théâtre de l'imaginaire, où l'on oublie le temps, la réalité, pour vivre mille autres vies, ailleurs, autrefois, autrement...

La photographie de vos garçons est l'art le plus platonicien qui soit... Art platonicien, car comme le disaient les philosophes anciens, la beauté des garçons ne pouvait échapper qu'aux aveugles — il leur restait cependant le son de la voix, les rires, la douceur d'un visage lu au bout des doigts, la caresse d'une main...

Des garçons de Taormina, vos photographies nous donnent de capter et de posséder l'essence, la quintessence, un reflet déposé sur une feuille de papier, au terme d'un processus digne des plus grands alchimistes... Nous passons des corps à l'image, qui immortalise leur beauté et pérennise leur jeunesse... Mais l'image, les images, celles que l'on collectionne patiemment au fil de sa vie, au fil des voyages à Taormina, vos photographies, mon vieil ami, conduisent à se détacher des beaux garçons pour atteindre à la beauté des garçons, à son concept, à son idée, à son essence intemporelle...

Chacune de vos photographies, Wilhelm, est un soleil resplendissant d'évidence, et je me sens comme un nouvel Icare, attiré par la lumière au risque de me brûler les yeux, de me brûler le coeur...

Certains rêves sont de tels moments de plénitude, il n'est de vrai de désir que pour les horizons que l'on ne pourra atteindre...

Votre ami

Philip"

Philip, Lettre à Wilhelm von Gloeden, 26 décembre 1897 (Von Gloeden Archive, call number 1897/12/26/1)

Saturday, December 25, 2010

Wednesday, December 22, 2010

Un poème pour Pasquale


"Viens bercer mes regrets: 
Nos pensers, en secret,
Etouffent de présages...

Dans tes yeux j'ai revu
Les vaisseaux disparus
Vers de bleus paysages !

Sur les lacs de ton corps
Leurs lents sillages d'or
Avaient l'air de poursuivre

Un tendre oiseau marin
Que mon rêve orphelin
Escortait d'un vol ivre...

Nous irons, si tu veux,
Plus tristes et plus vieux 
Jusqu'à des Birmanies

Où tout fait tant souffrir
De beauté, de désir
Et d'ardente jeunesse,

Qu'on hume sur la peau 
L'opium des sanglots
Aux inertes sagesses ! "

Jacques d'Adelswärd-Fersen, "Nostalgiques", dans: Ainsi chantait Marsyas, Poèmes, Florence et Paris, Librairie Léon Vanier, Editeur, 1907, p. 33-34

Monday, December 20, 2010

Pasqualino


Il y a encore à Taormina aujourd'hui un vieil homme qui se souvient de toi, mon Pasqualino. Il a connu Wilhelm von Gloeden à la fin de sa vie, il a bien connu aussi Pancrazio Bucini, son fidèle ami et assistant.

Ce vieil homme t'a reconnu et identifié, car tu étais l'un des modèles favoris de von Gloeden, et de photographie en photographie, on peut suivre les étapes de ta jeunesse, l'épanouissement de ta beauté, de l'adolescence vers la maturité.

Pasquale Stracuzzi. Tu t'appelles Pasquale Stracuzzi... Puis-je t'appeler Pasqualino ?


Tu es enterré au cimetière de Taormina, m'a dit ce vieil homme. Tu es là, parmi les tiens, aux côtés d'une épouse peut-être, ou de parents... 

J'irai fleurir ta tombe, Pasqualino... J'irai fleurir ta tombe avec les fleurs des amandiers de Taormina, au printemps, lorsque la lumière est si douce et que les dernières neiges de l'Etna s'estompent, comme des souvenirs, comme des regrets... 

Je te parlerai doucement, comme à un ami de toujours, toujours aimé, jamais rencontré.  Je te parlerai de moi, Pasqualino, je te parlerai de mon amour de la photographie ancienne, je te parlerai de toi, que je connais si bien sans t'avoir jamais rencontré. 


J'ai appris à lire dans ton regard, Pasqualino mio, j'y lis les travaux et les jours de ta vie à Taormina, au seuil du XXe siècle. J'y lis tes bonheurs, tes espoirs et tes craintes, ta fatigue parfois, tes rêves aussi, quand tu regardes l'avenir droit dans les yeux.

Il me semble presque entendre ta voix, ton accent chantant et tes rires, la musique chantante de ton accent sicilien...

Pasqualino mio, on dit que les héros aimés des dieux meurent jeunes, dans la fleur de l'âge.

L'art photographique de von Gloeden t'a immortalisé dans ta jeunesse, tu es jeune à jamais.

Mais oui, un jour, bientôt, j'irai fleurir ta tombe, Pasqualino... J'irai fleurir ta tombe avec les fleurs des amandiers de Taormina, au printemps, lorsque la lumière est si douce et que les dernières neiges de l'Etna s'estompent, comme des souvenirs, comme des regrets...

Dors en paix, mon ami, mon Pasqualino de Taormina, mon bel éphèbe grec qui me fait tant rêver.

Dors en paix, Pasqualino Stracuzzi, je viendrai te voir au printemps, lorsque tous les amandiers de Taormina chantent ton éternelle jeunesse

Pasqualino (English)


In Taormina today, there is still a very old man who remembers about you, my Pasqualino. He knew quite well Wilhelm von Gloeden in the last years of his life, he was acquainted too to Pancrazio Bucini, his long time friend and assistant.

This old man recognized you, he identified you, because you were one of von Gloeden's favorite models, and from one photograph to another one, the viewer can follow the steps of your youth, the blossoming of your beauty, from our teen years to your manhood...

Pasquale Stracuzzi. It is your name, Pasquale Stracuzzi... May I call you Pasqualino ? 


According to this old man, you are buried in the cemetery of Taormina... You are resting in peace, among your loved ones, perhaps your wife, your parents...

I will put flowers on your grave, Pasqualino... I will put flowers on your grave, flowers of Taormina's almond trees, at spring, while sun light is so sweet, while snow on Mont Etna's slopes is fading away, like memories, like sorrows... 

I will gently talk to you, as one talks to a long time friend, to someone I always loved, but I never met. I will tell you about me, Pasqualino, I will tell you about my love of vintage photography, I will tell you about your, I know you so well, although we never met... 


I learnt to read your gaze, Pasqualino mio, I can read in your eyes your hard life in Taormina, at the threshold of the XXth century. I can read what made you happy, your hopes, your fears, your fatigue, your dreams too, when you are looking straight into the eyes of the future. 

I could almost hear your voice, your singing accent and your laughs, the melody of your Sicilian accent... 

Pasqualino mio, ancient heroes loved by gods, according to the legend, were dying young, in their blossoming youth...

Von Gloeden's photographic art made you immortal in your blossoming youth, you are young forever...

Soon, quite soon, I will put flowers on your grave, Pasqualino... I will put flowers on your grave, flowers of Taormina's almond trees, at spring, while sun light is so sweet, while snow on Mont Etna's slopes is fading away, like memories, like sorrows... 

Dors en paix, mon ami, mon Pasqualino de Taormina, mon bel éphèbe grec qui me fait tant rêver.

Rest in peace, Pasqualino Stracuzzi, I will visit you next spring, when all the Taormina's almond trees will sing your eternal youth...