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Thursday, February 2, 2012

Imago lucis opera expressa


"La photo est littéralement une émanation du référent. D'un corps réel, qui était là, sont parties des radiations qui viennent me toucher, moi qui suis ici; peu importe la durée de la transmission; la photo de l'être disparu vient me toucher comme les rayons différés d'une étoile. Une sorte de lien ombilical relie le corps de la chose photographiée à mon regard: la lumière, quoi qu'impalpable, est bien ici un milieu charnel, une peau que je partage avec celui ou celle qui a été photographié.

Il paraît qu'en latin "photographie" se dirait: "imago lucis opera expressa"; c'est-à-dire : image révélée, "sortie", "montée", "exprimée" (comme le jus d'un citron) par l'action de la lumière. Et si la Photographie appartenait à un monde qui ait encore quelque sensibilité au mythe, on ne manquerait pas d'exulter devant la richesse du symbole: le corps aimé est immortalisé par la médiation d'un métal précieux, l'argent (monument et luxe); à quoi on ajouterait l'idée que ce métal, comme tous les métaux de l'Alchimie, est vivant".

Roland Barthes, La Chambre claire. Note sur la Photographie, Paris, Cahiers du Cinéma, Gallimard, Seuil, 1980, p. 126-127.


Thursday, July 14, 2011

Le commencement de l'écriture / The beginning of writing


"Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas — c'est le commencement de l'écriture".

"Just being aware one does not write for someone else, just being aware that the things I will write will never make me loved by the one I love, being aware that writing does not compensate anything, that it does  not sublimate anything, that it is precisely in this place where you are not — this is the beginning of writing".

Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux, Paris, Editions du Seuil, 1977, p. 116.

Tuesday, July 12, 2011

Le labyrinthe de la photographie / Photography's Labyrinth


"Quelque chose comme une essence de la Photographie flottait dans cette photo particulière. Je décidai alors de "sortir" toute la Photographie (sa "nature") de la seule photo qui existât assurément pour moi, et de la prendre en quelque sorte pour guide de ma dernière recherche. Toutes les photographies du monde forment un Labyrinthe. Je savais qu'au centre de ce Labyrinthe, je ne trouverais rien d'autre que cette seule photo, accomplissant le mot de Nietzsche: "Un homme Labyrinthique ne cherche jamais la vérité, mais uniquement son Ariane".
(...)
J'avais compris qu'il fallait désormais interroger l'évidence de la Photographie, non du point de vue du plaisir, mais par rapport à ce qu'on appellerait romantiquement l'amour et la mort".

Roland Barthes, La chambre claire. Note sur la Photographie, Cahiers du Cinéma, Gallimard, Seuil, 1980, p. 114-115.


"Something like an essence of photography was emanating from this particular photograph. I decided to draw out the whole of Photography (its "nature") from the only photograph really existing for me, and to use it as a guide of my ultimate search. All the photographs in the world form a Labyrinth. I knew that at the center of this Labyrinth, I would find nothing else than this particular photograph, just provind what Nietzsche said: "A labyrinthic man does not look after truth, but only after his Ariane."
(...)
I understood that I should from now question the evidence of Photography, not from the point of view of pleasure, but according to what one could call, in a romantic way, love and death."

Roland Barthes, La chambre claire. Note sur la Photographie, Cahiers du Cinéma, Gallimard, Seuil, 1980, p. 114-115.

Tuesday, June 28, 2011

Preuve d'amour / Proof of Love


Je dédie ce message à Pasqualino Stracuzzi, modèle de W. von Gloeden, dont je suis tombé amoureux dans une autre vie.

This post is dedicated to Pasqualino Stracuzzi, a W. von Gloeden model I felt in love with in one of my previous lives.



"Preuve d'amour: je te sacrifie mon Imaginaire — comme on  faisait la dédicace d'une chevelure. Ainsi peut-être (du moins le dit-on) accéderai-je à l'"amour vrai". S'il y a quelque similitude entre la crise amoureuse et la cure analytique, je fais alors le deuil de qui j'aime, comme le patient fait le deuil de son analyste: je liquide mon transfert, et c'est ainsi, paraît-il que la cure et la crise finissent. Cependant, a-t-on fait remarquer, cette théorie oublie que l'analyste, lui aussi, doit faire le deuil de son patient (faute de quoi l'analyse risque d'être interminable); de même, l'être aimé — si je lui sacrifie un Imaginaire qui cependant l'empoissait —, l'être aimé doit entrer dans la mélancolie de sa propre déchéance. Et il faut, concurremment à mon propre deuil, prévoir et assumer cette mélancolie de l'autre, et j'en souffre, car je l'aime encore."

Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux, Paris, Editions du Seuil, 1977, p. 125.


My attempt to translate this text for my English-speaking readers...

"As a proof of love, I offer you the sacrifice of my Imagination -- just as ancient Greeks could offer the sacrifice of some of their hairs. Doing so, perhaps, at least it is said so, I could reach the "true love". If there is any similarity between a crisis of love and a psychoanalytical course of treatment, I should be mourning the one I love just as the patient mourns his (or her) analyst. I am getting rid of my transfer, such is the way, it seems, the course of treatment and the crisis of love are supposed to end up. However,  it has been noticed that such a theory forgets the fact that the analyst should also forget his (her) patient, otherwise psychoanalysis would be endless; in a similar way, my loved one, if I provide him with the sacrifice of my Imagination that was surrounding him, my loved one should feel the melancholy of his own vanishing condition. As an addition to my own grief, I should anticipate and take on myself the melancholy of the other one, and it causes to me a lot of pain, because I am still in love with him".

Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux, Paris, Editions du Seuil, 1977, p. 125.

Sunday, April 10, 2011

Adorable (Roland Barthes)


"Je rencontre dans ma vie des millions de corps; de ces millions je puis en désirer des centaines; mais, de ces centaines, je n'en aime qu'un. L'autre dont je suis amoureux me désigne la spécialité de mon désir.

(...) Il a fallu beaucoup de hasards, beaucoup de coïncidences surprenantes (et peut-être beaucoup de recherches), pour que je trouve l'Image qui, entre mille, convient à mon désir. C'est là une grande énigme dont je ne saurai jamais la clef: pourquoi est-ce que je désire Tel ? Pourquoi est-ce que je le désire durablement, langoureusement ? Est-ce tout lui qui je désire (une silhouette, une forme, un air) ? Ou n'est-ce seulement qu'un morceau de ce corps ? Et, dans ce cas, qu'est-ce qui dans ce corps aimé, a vocation de fétiche pour moi ? Quelle portion, peut-être incroyablement ténue, quel accident ?



(...) De tous ces plis du corps, j'ai envie de dire qu'ils sont adorables. Adorables veut dire: ceci est mon désir, en tant qu'il est unique: "C'est ça ! C'est exactement ça (que j'aime) !" Cependant, plus j'éprouve la spécialité de mon désir, moins je peux la nommer; à la précision de la cible correspond un tremblement du nom; le propre du désir ne peut produire qu'un impropre de l'énoncé. De cet échec langagier, il ne reste qu'une trace: le mot "adorable" (la bonne traduction de "adorable" serait l'ipse latin: c'est lui, c'est bien lui en personne.



Adorable est la trace futile d'une fatigue, qui est la fatigue du langage. De mot en mot, je m'épuise à dire autrement le même de mon Image, improprement le propre de mon désir: voyage au terme duquel ma dernière philosophie ne peut être que de reconnaître — et de pratiquer — la tautologie. Est adorable ce qui est adorable. Ou encore: je t'adore, parce que tu es adorable, je t'aime parce que je t'aime. Ce qui clôt ainsi le langage amoureux, c'est cela même, c'est cela même qui l'a institué: la fascination. Car décrire la fascination, cela ne peut jamais, en fin de compte, excéder cet énoncé: "je suis fasciné". Ayant atteint le bout du langage, là où il ne peut que répéter son dernier mot, à la façon d'un disque enrayé, je me soûle de son affirmation: la tautologie n'est-elle pas cet état inouï, où se retrouvent, toutes valeurs mêlées, la fin glorieuse de l'opération logique, l'obscène de la bêtise et l'explosion du oui nietzschéen ?"

Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux, Paris, Editions du Seuil, 1977, p. 26-28.

Fragments d'un discours amoureux


Monday, April 4, 2011

Rêverie d'après Roland Barthes / Dreaming with Roland Barthes


"Si j'aime une photo, si elle me trouble, je m'y attarde. Qu'est-ce que je fais, pendant tout le temps que je reste devant elle ? Je la regarde, je la scrute, comme si je voulais en savoir plus sur la chose ou la personne qu'elle représente.

If I love a photograph, if I am troubled by it, I will spend some time with it. What am I doing, while I stay in front of this photograph ? I look at it, I am examining it, just as if I wanted to know more about the thing or the person represented.

(...)

J'ai envie de cerner par la pensée le visage aimé, d'en faire l'unique champ d'une observation intense; j'ai envie d'agrandir ce visage pour mieux le voir, mieux le comprendre, connaître sa vérité.

I am willing to focus and to figure out the loved face, to make it the object of an intense observation; I want to enlarge this face so I could better see it, better understand it, and even know its truth.



(...)

Ce que Marey et Muybridge ont fait, comme operatores, je veux le faire, moi, comme spectator: je décompose, j'agrandis, et, si l'on peut dire: je ralentis, pour avoir le temps de savoir enfin. La Photographie justifie ce désir, même si elle ne le comble pas: je ne puis avoir l'espoir fou de découvrir la vérité, que parce que le noème de la Photo, c'est précisément que cela a été, et que je vis dans l'illusion qu'il suffit de nettoyer la surface de l'image, pour accéder à ce qu'il y a derrière: scruter veut dire retourner la photo, entrer dans la profondeur du papier, atteindre sa face inverse (ce qui est caché est pour nous, Occidentaux, plus "vrai" que ce qui est visible).

What Marey and Muybridge did, as operatores, I would like to do it myself, as a spectator: I am spliting up, I am enlarging, and so to say, I am slowing it down, in order to be on time to know, at least. Photography just justifies such a desire, even if it can't fulfill it: I can have the crazy hope to discover the truth only because the noeme of a photograph is precisely: "It has been", and I am living with this illusion one should just clean up the surface of the picture in order to reach what is behind it: scrutinizing means looking at the back of the photograph, going deep into the depth of the paper, reaching its
other side, (what is hidden to the Western viewers we are, what is more authentic than what is just visible).


Hélas, j'ai beau scruter, je ne découvre rien: si j'agrandis, ce n'est rien d'autre que le grain du papier: je défais l'image au profit de sa matière; et si je n'agrandis pas, si je me contente de scruter, je n'obtiens que ce seul savoir, possédé depuis longtemps, dès mon premier coup d'oeil: que cela a été: le tour d'écrou n'a rien donné.



Unfortunately, despite the long time I scrutinized this photograph, I did not discover anything: if I am enlarging it, I just find the grain if this photograph; I loose what is shown, I just get the photograph's materiality; if I do not enlarge it, if I am just scrutinizing it, I just get what I knew since my first glance: it was. Nothing resulted from the turn of the screw."

Roland Barthes, La chambre claire. Note sur la photographie, Cahiers du Cinéma-Gallimard- Seuil, 1980, p. 154-156.
(English translation by me...)

Sunday, February 27, 2011

Rêveries photographiques

W. von Gloeden

"On dit souvent que ce sont les peintres qui ont inventé la Photographie (en lui transmettant le cadrage, la perspective albertienne et l'optique de la camera obscura). Je dis: non, ce sont les chimistes. Car le noème "Ca a été" n'a été possible que du jour où une circonstance scientifique (la découverte de la sensibilité à la lumière des halogénures d'argent) a permis de capter et d'imprimer directement les rayons lumineux émis par un objet diversement éclairé. La photo est littéralement une émanation du référent. D'un corps réel, qui était là, sont parties des radiations qui viennent me toucher, moi qui suis ici; peu importe la durée de la transmission; la photo de l'être disparu vient me toucher comme les rayons différés d'une étoile. Une sorte de lien ombilical relie le corps de la chose photographiée à mon regard: la lumière, quoique impalpable, est bien ici un milieu charnel, une peau que je partage avec celui ou celle qui a été photographié."

Roland Barthes, La chambre claire. Note sur la photographie, Cahiers du Cinéma, Gallimard, Seuil, Paris, 1980, p. 126-127.

Tuesday, December 29, 2009

Incidents



J'aime la mélancolie et la vérité de cette page de Roland Barthes, extraite de Soirées de Paris, une sorte de journal intime tenu entre le 24 août et le 17 septembre 1979...

I love the melancholy and the truth of this page by Roland Barthes, and excerpts from Soirées de Paris (Evenings in Paris), a kind of intimate diary written between August 24 and September 17, 1979. I try to provide my English speaking readers with a rough translation below.



"17 Septembre 1979,

Hier, dimanche, Olivier G. est venu déjeûner; j'avais donné à l'attendre, l'accueillir, le soin qui d'ordinaire témoigne que je suis amoureux. Mais, dès le déjeûner, sa timidité ou sa distance m'intimidait; aucune euphorie de relation, loin de là. Je lui ai demandé de venir à côté de moi sur le lit pendant ma sieste; il est venu très gentiment, s'est assis sur le bord, a lu un livre d'images; son corps était très loin, si j'étendais le bras vers lui, il ne bougeait pas, renfermé: aucune complaisance; il est d'ailleurs vite parti dans l'autre pièce. Une sorte de désespoir m'a pris, j'avais envie de pleurer. Je voyais dans l'évidence qu'il me fallait renoncer aux garçons, parce qu'il n'y avait pas de désir d'eux à moi, et que je suis ou trop scrupuleux ou trop maladroit pour imposer le mien; que c'est là un fait incontournable, avéré par toutes mes tentatives de flirt, que j'en ai une vie triste, que, finalement, je m'ennuie, et qu'il me faut sortir cet intérêt, ou cet espoir, de ma vie (Si je prends un à un mes amis — à part ceux qui ne sont plus jeunes —, c'est chaque fois un échec: A., R., J.-L. P., Saül T., Michel D. — R.L., trop court, B. M. et B. H., pas de désir, etc). Il ne me restera plus que les gigolos. (Mais que ferais-je alors pendant mes sorties ? Je remarque sans cesse les jeunes hommes, désirant tout de suite en eux, d'être amoureux d'eux. Quel sera pour moi le spectacle du monde ?) — J'ai joué un peu de piano pour O., à sa demande, sachant dès lors que j'avais renoncé à lui; il avait ses très beau yeux, et sa figure douce, adoucie par ses longs cheveux: un être délicat mais inaccessible et énigmatique, à la fois doux et distant. Puis je l'ai renvoyé, disant que j'avais à travailler, sachant que c'était fini, et qu'au-delà de lui quelque chose était fini: l'amour d'un garçon".

Roland Barthes, Incidents, Paris, Seuil, 1987, p. 115-116.

"Yesterday, sunday, Olivier G. came for lunch. The way I waited for him and welcomed him usually testifies I am in love. But, during the lunch, his shyness or his distance intimidated me. It was very far from a euphoric relationship. I asked him to come and sit beside me on the bed during my nap; he came willingly enough, sat on the edge of the bed, looked at an art book; his body was very far away — if I stretched out an arm toward him, he didn't move, uncommunicative: no obligingness; moreover he soon went into the other room. A sort of despair overcame me, I felt like crying. How clearly I saw that I would have to give up boys, because none of them felt any desire for me, and I was either too scrupulous or too clumsy to impose my desire on them; that is an unavoidable fact, averred by all my efforts at flirting, that I have a melancholy life, that, finally, I am bored to death by it and I should forget this interest or this hope... (...) I will get only hustlers. (But what will I do during my walks ? I always notice young men, and I immediately desire to be in them, to be in love with them. How will the world look like to me ?) — I played some piano for O., at his request, but I knew that I already dropped him; he had his very beautiful eyes, his tender face, made so tender by his long hairs: he was a delicate boy, but out of reach and enigmatic, sweet and distant at the same time. At last, I sent him away, I told him I had some work to do: I knew it was the end and that beyond him, sometimes has ended: the love of a boy".

For a more literary translation, see... the official one
Roland Barthes, Incidents, Berkeley, University of California Press, 1992.

Friday, November 20, 2009

Roland Barthes sur / on W. von Gloeden




"... von Gloeden prend le code de l'Antiquité, le surcharge, l'affiche pesamment (éphèbes, pâtres, lierres, palmes, oliviers, pampres, tuniques, colonnes, stèles), mais (première distorsion), de l'Antiquité il mélange les signes, combine la Grèce végétale, la statuaire romaine et le "nu antique" venu des Ecoles de beaux-arts: sans aucune ironie, semble-t-il, il prend la plus éculée des légendes pour de l'argent comptant. Mais ce n'est pas tout: l'Antiquité ainsi affichée (et par inférence l'amour des garçons ainsi postulé), il la peuple de corps africains. Peut-être est-ce lui qui a raison: le peintre Delacroix disait que le drapé antique ne se retrouvait bien que chez les Arabes. N'empêche que la contradiction est délectable entre tout cet attirail littéraire d'une Antiquité de version grecque et ces corps noirs de petits gigolos paysans (s'il en vit encore un, qu'il me pardonne, ce n'est pas une injure), au regard lourd, sombre jusqu'au bleu luisant des corselets d'insectes calcinés."

Roland Barthes, in: Wilhelm von Gloeden, Naples, Amelio Editore, 1978; texte repris dans: Roland Barthes, L'obvie et l'obtus, Essais critiques III, Paris, Editions du Seuil, 1982, p. 179.






"... von Gloeden begins with the laws of Antiquity, overloads them, parades them ponderously (with ephebes, shepherds, ivy, palms, olive trees, tunics, columns, steles) but (first distortion) from Antiquityy he mixes the signals, combining Greek flora, Roman statuary, and the "classical nude" of Beaux-Arts academies: with no irony, it appears, he accepts any worn-out legend as a genuine article. And that isn't all: Antiquity paraded thusly (with his love for boys cleary inferred) is then populated with dark bodies. Perhaps he's right: the painter Delacroix declared that antique draping looked good only on Arabs. It hardly matters — the result is a delicious contradiction of all the literary baggage from a Greek version of antiquity peopled with little peasant gigolos' dark bodies (if any are still living, I beg their pardon; it's not an insult) who wear heavy expressions as dark as the luminous blue from corselets of burned insects".

Roland Barthes, in: Taormina: Wilhelm Von Gloeden, Altadena CA, Twelvetrees Press, 1990 (translation by Angus Whyte).